Le fonctionnement du domaine des ressources humaines a toujours été relégué au second plan au niveau des multiples tentatives de réforme de l’administration tunisienne. En dépit de son importance fondamentale dans la restructuration administrative, sa réorganisation tarde à se faire sentir et a constamment été subordonnée à la disponibilité des fonds nécessaires. Or, l’aspect financier n’est qu’une composante mineure d’un large projet de réforme axé sur l’élément humain et mené depuis plusieurs mois par le Centre National de Formation Continue et de Promotion Professionnelle (CNFCPP).

 

Depuis sa création en 1993, cet organisme public est perpétuellement perçu par les entreprises, comme étant une structure chargée uniquement d’accorder les fonds nécessaires à la mise en œuvre des programmes de formation continue. Le facteur financier est, à ce niveau, certes, prédominant dans l’action du centre, mais ce dernier, grâce à la taxe sur la formation professionnelle à laquelle sont soumises les entreprises économiques dispose des fonds nécessaires au financement des programmes de formations continuent proposés par les entreprises.  Actuellement son budget s’élève annuellement à près de 77 millions de dinars pour l’instrument crédit d’impôt et de 5 millions de dinars pour l’instrument droits de tirage

 

L’élément humain est constamment occulté, masquant, de ce fait, la majeure partie de l’action du centre. Pour remédier à cette insuffisance entachant aussi bien son fonctionnement que la réalisation de ses objectifs, le CNFCPP multiplie depuis des mois les initiatives qui visent à le réorienter et à le recadrer sur sa fonction initiale. Une fonction s’articulant principalement autour de l’assistance et l’accompagnement dans le diagnostic des besoins en formation, de l’élaboration de plans de formation, de la réalisation des actions de formation et de leur évaluation.

 

Pour assurer pleinement les prérogatives que lui confèrent la nature de son environnement et les textes législatifs, le CNFCPP entend bien résoudre les principales problématiques qui entachent son fonctionnement. Ces difficultés sont issues principalement du manque d’enracinement de la culture des Ressources Humaines au sein des entreprises et de la lourdeur de la bureaucratie tunisienne. La digitalisation de l’action du CNFCPP est à ce niveau, une solution concrète, apte à corriger certaines dérives et capable de réduire considérablement et efficacement les délais de traitement des dossiers des entreprises qui peuvent atteindre 8 ans dans certains cas de figure. C’est dans ce cadre que le centre a procédé au lancement de son nouveau projet qui vise à le doter d’un instrument efficace et performant pour assurer le meilleur service possible aux entreprises et dans le but d’enrichir son système d’information par une nouvelle composante logicielle. Il s’agit d’un nouveau service en ligne à disposition des entreprises et qui concerne le dépôt et le suivi de leurs dossiers de formation continue pour bénéficier du financement à travers l’instrument crédit d’impôt en ligne « MALEK ». Cette nouveauté permettra également aux agents du CNFCPP de répondre aux sollicitations des utilisateurs et d’assurer une interactivité entre l’ensemble des services de l’établissement.

 

L’objectif est de fournir à l’entreprise concernée, une réponse rapide concernant sa requête dans un délai ne dépassant pas 60 jours. Les institutions dépositaires de dossiers relatifs à des programmes de formation auront, ainsi, un droit de regard en temps réel et un suivi de l’état d’avancement du traitement des dossiers. Ce mécanisme innovant, intégralement informatisé qui commence par la création d’un compte exclusif à l’entreprise lui permettra, sur le court et le moyen terme de réduire notablement le coût, en temps et en argent, du traitement des dossiers et de bénéficier davantage de l’expertise et de l’assistance du CNFCPP.

 

En outre et afin de disposer d’une base de données fiables des opérateurs de formation en activité, le CNFCPP a mis en place une application de gestion des opérateurs en formation.

 

De plus une application de gestion des formateurs en ligne a été développée afin de s’assurer de la fiabilité des données déclarées par les formateurs et faciliter le contrôle des actions de formation.

 

Œuvrant pour promouvoir la formation continue en tant que facteur de développement des ressources humaines, le CNFCPP a entrepris plusieurs actions visant l’instauration de la culture de la formation continue au sein des entreprises, l’amélioration du dispositif national de FC et l’instauration d’une politique nationale en matière de gestion des plans de relève.

 

Des conventions de partenariat ont été signées à cet effet avec certaines entreprises notamment la SNCFT, l’ANME, la SRTK et la CTF et ce afin de les assister pour évoluer vers le statut d’entreprise de référence en matière de formation continue.

 

Une révision en profondeur du décret 292-2009 du 02 février 2009 a été engagée après concertation avec toutes parties prenantes du dispositif national de formation continue afin de permettre aux entreprises de déposer leurs bilans pédagogiques et financiers tout au long de l’année sans condition sur la consommation totale de la taxe, donner le droit aux entreprises nouvellement créées (3 ans) et aux entreprises en difficultés de bénéficier directement des droits de tirage sans condition préalable liée à leurs participation à la formation initiale et activer la décentralisation et développer le rôle des commissions régionales

 

Aussi, des démarches ont été entreprises auprès de l’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI) afin de créer un « label CNFCPP » permettant aux entreprises l’octroi d’une certification de la qualité de la formation continue au sein de leur établissement

 

Par ailleurs, et face à un personnel territorial peu ou pas qualifié, en inadéquation avec le transfert de compétences d’une part et à un cadre institutionnel en mouvement, d’autre part, le CNFCPP a déployé tous ces efforts afin d’accompagner la décentralisation à travers un Plan National de Développement des Compétences et ce en collaboration avec le Centre de Formation et d’Appui à la Décentralisation (Ministère des Affaires locales et de l’Environnement).

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page