Cette édition anniversaire s’est distinguée par une participation exceptionnelle avec 92 romans en compétition, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Un chiffre qui traduit l’ampleur prise par le roman tunisien au fil des années et la place grandissante qu’occupent désormais les écrivains dans la scène culturelle nationale.
Le Comar d’Or en langue française a été attribué au médecin et écrivain Hichem Ben Azouz pour son premier roman Sangoma le guérisseur, publié aux éditions Hikayet. Une entrée remarquée dans le monde littéraire pour cet auteur qui signe une œuvre saluée pour sa force narrative et son univers singulier.
Dans la catégorie arabophone, le prestigieux prix est revenu à Nasr Belhaj Bettaieb pour son roman Saif Assaouane, publié aux éditions Khraief.
Le Prix spécial du Jury en langue française a récompensé Hella Feki pour Une reine sans royaume, tandis que le prix arabophone a été décerné à Fahmi Al-Balti pour Dam Saye’e.
Du côté des Prix Découverte, consacrés aux nouvelles voix de la littérature tunisienne, Sofiene Ben M’rad a été distingué pour Tunis Arkana dans la catégorie francophone, alors que Najoua Kadri a remporté le prix arabophone pour son roman Al Majda.
Cette année, les organisateurs ont également annoncé une revalorisation des récompenses financières. Le Comar d’Or est désormais doté de 15 000 dinars, contre 10 000 auparavant. Les Prix spéciaux du Jury atteignent 7 000 dinars, tandis que les Prix Découverte sont accompagnés d’une récompense de 3 000 dinars.
Au fil des décennies, les Comar d’Or ont largement dépassé le cadre d’un simple concours littéraire. Ils sont devenus une véritable mémoire du roman tunisien contemporain. À travers les œuvres récompensées se dessinent les transformations de la société tunisienne, ses tensions, ses espoirs, ses blessures et ses mutations profondes.
Cette édition a également rendu hommage à plusieurs figures majeures de la littérature tunisienne contemporaine, parmi lesquelles Chokri Mabkhout, Yamen Manaï et Faouzia Zouari, dont les œuvres ont contribué au rayonnement du livre tunisien bien au-delà des frontières du pays.
La soirée s’est achevée sur les notes de l’Orchestre Symphonique de Carthage dirigé par Hafedh Makni, dans une atmosphère élégante où littérature et musique semblaient se répondre. Une manière de rappeler que les livres, comme les arts, demeurent l’un des derniers espaces où un pays continue de rêver, de questionner le monde et de préserver sa mémoire.
Mouna Jalel







