Le Point TN-Sofien Rejeb– Le 6 février, le campus de la South Méditerranéen University (SMU) a accueilli le séminaire de clôture du projet « Pour un savoir économique plus accessible », organisé par la Fondation SMU. Une rencontre qui n’avait rien d’un simple exercice académique, mais qui s’est voulue un espace de dialogue entre chercheurs, experts et acteurs publics autour d’un enjeu central : comment transformer la recherche en décisions concrètes.
Cette rencontre a été l’occasion de présenter les Policy Briefs élaborés dans le cadre du projet, d’échanger autour de leurs recommandations, et de débattre, lors d’un panel dédié, des enjeux liés à la transformation de la recherche en décisions publiques.
La production de ces Policy Briefs s’inscrit dans le cadre du projet Savoirs éco, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, qui vise à appuyer les Structures Productrices de Savoirs à vocation Économique (SPSE) en Tunisie.
Du diagnostic a l’action
La journée s’est ouverte par une keynote de Hedi Larbi, intitulée « Du diagnostic a l’action : l’art de transformer la recherche en outils de décision ». Dans une intervention dense et structurée, il a souligné que la qualité des analyses économiques ne suffit pas a elle seule a produire du changement. Encore faut-il construire des passerelles institutionnelles capables de traduire les résultats de recherche en instruments opérationnels pour les décideurs.
L’enjeu, selon lui, n’est pas seulement technique. Il est également culturel et politique : faire entrer la logique de l’évidence et de l’évaluation dans le processus décisionnel.
Résilience économique et environnementale : penser l’urgence et le long terme
La première session a été consacrée a la résilience économique et environnementale. Les présentations ont mis en lumière les vulnérabilités structurelles de l’économie face aux chocs externes, aux contraintes budgétaires et aux risques climatiques croissants.
Les policy briefs présentés ont proposé des pistes concrètes pour renforcer les capacités d’adaptation, articulant gestion de l’urgence et planification stratégique. Les échanges avec le public ont permis d’interroger la faisabilité politique et institutionnelle de ces recommandations.
Capital humain et mobilité : le cœur du développement
La seconde session s’est concentrée sur le capital humain, l’éducation et la mobilité. Les intervenants ont insisté sur la nécessite de repenser les politiques éducatives, d’améliorer l’adéquation formation-emploi et d’encadrer les dynamiques migratoires dans une perspective de développement.
Dans sa synthèse transversale, Hedi Larbi a souligné l’interdépendance entre capital humain, productivité et cohésion sociale. Sans investissement massif et cohérent dans l’éducation et les compétences, toute stratégie économique demeure fragile.
Des policy briefs a l’action publique
Le panel final, intitule « Des policy briefs a l’action publique : comment transformer la recherche en décisions ? », a constitué le temps fort stratégique du séminaire.
Les participants ont débattu des obstacles qui freinent l’intégration de la recherche dans la fabrique des politiques publiques : fragmentation institutionnelle, absence de culture d’évaluation, temporalité politique souvent en décalage avec le temps long de la recherche.
Les policy briefs ont été présentés comme un outil intermédiaire essentiel : synthétiques, accessibles et orientes vers l’action, ils peuvent faciliter le dialogue entre le monde académique et les décideurs.
Une dynamique à consolider
En clôture, Hedi Larbi a appelé a pérenniser cette dynamique et a institutionnaliser les mécanismes de transfert de connaissances. Le séminaire ne marque pas la fin d’un projet, mais le début d’un chantier plus vaste : ancrer durablement la culture de l’évidence dans l’élaboration des politiques publiques.
Au-delà des présentations, la rencontre aura surtout affirme une conviction : la recherche économique ne doit pas rester confinée aux cercles académiques. Elle doit nourrir le débat public et contribuer, de manière concrète, a l’amélioration des décisions collectives.















