À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire réunie à Tunis, la direction générale de la Société de Fabrication des Boissons de Tunisie a dressé le bilan d’un exercice 2025 marqué par une nette capacité de résistance face aux contraintes économiques et fiscales, tout en esquissant les contours d’une transformation stratégique majeure. Portée par la solidité de ses segments historiques, à l’instar de la bière et des eaux minérales dont les volumes ont continué de croître, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires individuel atteindre 843 millions de dinars, tandis que les revenus consolidés se sont élevés à 1,44 milliard de dinars. Cette trajectoire commerciale a permis de dégager un bénéfice net consolidé de 300,1 millions de dinars et un résultat individuel après impôts de 261 millions de dinars, autorisant ainsi la distribution d’un dividende de 0,880 dinar par action, soit un montant global de 236 millions de dinars récompensant la fidélité des actionnaires.
Cette performance financière s’est pourtant construite dans un cadre opérationnel particulièrement exigeant, alourdi par une pression fiscale sectorielle dépassant désormais les 51 % sur les sodas, incluant la redevance de 3 % instaurée par la loi de finances 2024, et par la suppression de l’accès au sucre aux cours internationaux, obligeant le groupe à supporter des coûts d’approvisionnement locaux bien plus élevés. Face à ces surcoûts et malgré le maintien d’un gel strict de ses prix de vente pour protéger le pouvoir d’achat, la SFBT a poursuivi la réorganisation de ses filiales pour assainir les lignes déficitaires, tout en absorbant les conséquences de la nouvelle réglementation sur la sous-traitance à travers la titularisation de 1 444 collaborateurs. Parallèlement, l’entreprise a scellé un accord de règlement échelonné clôturant deux décennies de contrôle douanier, alors qu’un contrôle fiscal approfondi demeure en cours dans un climat boursier perturbé par des campagnes d’information que la direction juge infondées.
Loin de se replier sur ses acquis ou de subir ces aléas, le groupe a intensifié ses investissements avec 100 millions de dinars engagés en 2025 à l’échelle consolidée, orientés vers la modernisation industrielle, la transition énergétique à travers le photovoltaïque et la valorisation écologique des effluents et sous-produits. Surtout, l’exercice ouvre une nouvelle ère de diversification avec l’avancement décisif du rachat de Carthage Grains, le spécialiste de la transformation du soja et du colza dont l’acquisition a d’ores et déjà reçu le feu vert du Conseil de la concurrence. En érigeant cette activité en quatrième pilier stratégique, la SFBT entend capter de nouveaux relais de croissance dans l’agroalimentaire, tout en réaffirmant pour 2026 sa volonté de préserver ses marges, d’optimiser sa chaîne logistique et de poursuivre le dialogue avec les autorités publiques pour rétablir des conditions d’approvisionnement équitables.





