Sous le slogan « AI for Earth » (L’intelligence artificielle au service de la planète), la troisième édition du Salon de l’économie verte, de la finance responsable et du développement durable se tiendra les 5 et 6 novembre 2026 au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), à Tunis. Placée sous le signe de l’innovation et de la transition durable, cette édition entend mettre en lumière le potentiel de l’intelligence artificielle face aux défis environnementaux et économiques, en favorisant les synergies entre recherche scientifique, innovation technologique et monde de l’entreprise. Universitaires, experts, entreprises et start-up sont attendus pour explorer les solutions susceptibles d’accélérer la transition vers un modèle de développement plus durable.
Présentant les grandes lignes de cette édition, Dr Mouna Marakchi Salami, commissaire générale adjointe du Salon et directrice de l’Institut supérieur des sciences biologiques appliquées de Tunis, a souligné l’importance de mobiliser les potentialités de l’intelligence artificielle pour construire un avenir plus durable. Elle a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les entreprises, les institutions sociales, les universités et les centres de recherche scientifique. L’objectif est de mieux valoriser les résultats de la recherche universitaire en les transformant en applications concrètes, capables de répondre aux besoins de l’industrie et de favoriser l’émergence de solutions innovantes portées par les start-up.
Le programme scientifique s’articulera autour de quatre axes majeurs. Le premier sera consacré à la souveraineté numérique et au développement d’une intelligence artificielle fiable, fondée sur des données précises et actualisées. Le deuxième portera sur les interactions entre l’eau, l’énergie et le climat, dans un contexte où le stress hydrique constitue un défi majeur pour la sécurité alimentaire en Tunisie. Les deux autres axes aborderont le rôle des technologies agricoles dans l’utilisation raisonnée des ressources naturelles, ainsi que les mécanismes permettant de transformer l’innovation en valeur économique, notamment à travers le financement de projets liés à l’intelligence artificielle et à l’économie circulaire.
De son côté, Dr Jihane Ouelkdi, directrice de l’École supérieure de l’économie numérique de la Manouba, a mis en évidence les liens étroits entre l’intelligence artificielle et les Objectifs de développement durable (ODD), en s’appuyant sur les enseignements tirés des rapports consacrés à cette question. Elle a rappelé que ces objectifs sont interdépendants et que le recours à l’intelligence artificielle doit s’inscrire dans une démarche responsable et transparente. Si cette technologie ouvre de nouvelles perspectives, son développement nécessite également des ressources énergétiques et matérielles dont l’impact doit être pris en compte. La qualité des données et le renforcement des compétences humaines demeurent, à cet égard, des conditions essentielles pour réussir la transition numérique et mettre l’innovation technologique au service de l’être humain et du développement durable.
Le Salon mettra également l’accent sur sept Objectifs de développement durable pour lesquels la Tunisie cherche à améliorer ses performances. Selon les prévisions présentées par Dr Ouekdi, la manifestation devrait accueillir entre 1 000 et 1 500 participants, réunir plus de 30 entreprises exposantes et start-up, et compter sur la participation de 45 experts. Une attention particulière sera accordée aux jeunes et aux étudiants, dont la créativité et la capacité d’innovation constituent des atouts majeurs pour concevoir des réponses adaptées aux défis environnementaux et économiques.
Au-delà des échanges scientifiques, cette édition entend privilégier les applications concrètes de l’intelligence artificielle dans les secteurs productifs. Bassem Saadi, directeur général de la société Virtual Dev et expert en transformation numérique, a ainsi évoqué les possibilités offertes par ces technologies pour améliorer la productivité, notamment dans l’industrie et l’agriculture. Il a toutefois souligné la nécessité d’anticiper les conséquences de leur développement sur le marché du travail, afin d’accompagner les mutations à venir.
Pour favoriser le passage de la réflexion à l’action, le programme prévoit quatre ateliers spécialisés (Masterclasses), animés par des experts dans les domaines de la finance responsable et de la transformation numérique. Un concours et un camp d’innovation (Challenge/Hackathon) seront également organisés à l’intention des étudiants, des chercheurs et des porteurs de projets. Une plateforme numérique permettra de recueillir les candidatures et d’évaluer les présentations de projets (Pitch Deck), dans un souci de transparence et d’équité tout au long du processus de sélection.
Le Salon ambitionne par ailleurs de devenir un véritable espace de rencontres et de mise en réseau entre entrepreneurs, experts et acteurs économiques. Au-delà de la perspective de remporter des prix, les porteurs de projets pourront y nouer des contacts professionnels, bénéficier de l’expérience des spécialistes et identifier des opportunités susceptibles de faciliter la concrétisation et le développement de leurs initiatives.
À travers cette troisième édition, les organisateurs entendent faire de l’intelligence artificielle un levier concret de la transition durable. En rapprochant la recherche scientifique des besoins des entreprises et en associant innovation technologique, finance responsable et économie verte, le Salon entend contribuer à l’émergence de solutions capables de répondre aux défis environnementaux et économiques de la Tunisie.
Hager-Asma





