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Une fillette vendue à un vieil homme fortuné, un enfant kidnappé pour le trafic d’organes

Une vaste opération mondiale contre les trafiquants d’êtres humains aboutit à des milliers d’arrestations

 Par Rim Belkhedhiri

La traite des êtres humains n’est plus un simple épouvantail ni une succession de cas isolés. Elle est devenue un phénomène mondial, orchestré par des réseaux criminels organisés, qui n’épargne désormais aucun pays. Ces mafias ciblent en priorité les mineurs, en raison de leur grande vulnérabilité. Ils sont attirés via les réseaux sociaux ou enlevés, dans le but de les exploiter sexuellement ou de prélever leurs organes pour les revendre.

Face à cette menace transnationale, la vigilance s’impose et la coopération sécuritaire entre les États devient indispensable, y compris pour ceux qui se croient à l’abri. Nul n’est épargné par ces réseaux qui opèrent au-delà des frontières et utilisent des moyens sophistiqués.

La prise de conscience internationale de la gravité de ce fléau se confirme à travers l’action soutenue de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), qui a récemment mené une opération mondiale contre la traite des êtres humains. Cette opération a permis l’arrestation de plus de 3 700 suspects et la protection de plus de 4 400 victimes potentielles.

Baptisée « Liberterra3 », l’opération s’est déroulée du 10 au 21 novembre 2025 dans 119 pays, avec la participation de plus de 14 000 agents des forces de l’ordre, selon un communiqué de l’organisation.

D’après les premiers rapports transmis par les pays participants, 3 744 personnes ont été interpellées, dont plus de 1 800 pour des faits liés à la traite des êtres humains et au trafic de migrants. Plus de 720 nouvelles enquêtes ont également été ouvertes, dont un grand nombre sont toujours en cours, précise Interpol.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, David Caunter, directeur de la criminalité organisée et émergente à Interpol, a souligné que ces réseaux criminels font preuve d’une grande capacité d’adaptation, obligeant les forces de l’ordre à évoluer avec la même rapidité.

 

L’opération « Liberterra » a également permis d’identifier 12 992 migrants en situation irrégulière.

Dans un autre communiqué, Interpol indique que les affaires impliquant des victimes originaires d’Amérique du Sud et d’Asie en Afrique traduisent une évolution des dynamiques de la traite des êtres humains, rompant avec les schémas traditionnels centrés sur le transfert de victimes africaines vers d’autres continents.

Si l’exploitation sexuelle demeure la forme la plus fréquemment recensée, les cas de travail forcé et d’activités criminelles connaissent une nette augmentation, tout comme l’esclavage domestique et le trafic d’organes.

Parmi les victimes figurent des enfants contraints de travailler dans une usine de verre au Belize, une mineure vendue à un homme de 73 ans au Salvador, ainsi qu’un enfant de huit ans enlevé au Mozambique en vue du trafic d’organes.

Au Costa Rica, les autorités ont arrêté un homme surnommé « El Gordo », accusé d’avoir forcé des adolescentes scolarisées dans un institut technique à produire des contenus à caractère sexuel. Au Brésil, une filière transfrontalière de trafic de migrants liée au Pakistan, à l’Afghanistan, au Mexique et aux États-Unis a été démantelée, selon Interpol.

Au Pérou, la police a mis fin aux agissements d’un groupe criminel soupçonné d’avoir fait passer clandestinement trente migrants vénézuéliens, dont six mineurs, vers le Chili.

En Asie, des opérations ont également visé des centres d’escroquerie en ligne, notamment le démantèlement d’un complexe au Myanmar regroupant près de 450 personnes.

Ces faits ne représentent qu’une infime partie des drames engendrés par ce phénomène qui menace les enfants, les adolescents et n’épargne plus les adultes. Il est certain que la poursuite des campagnes sécuritaires permettra de mettre au jour davantage de victimes. Toutefois, de nombreux cas restent hors de portée des autorités internationales, ce qui engage une lourde responsabilité pour les forces de sécurité et la société civile, appelées à renforcer la protection des enfants face à des criminels omniprésents, qui exploitent les quartiers défavorisés et choisissent leurs victimes avec une extrême précision.

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